Les différences entre bactéries, parasites et virus

Les maladies infectieuses sont dues à des agents extérieurs qui pénètrent dans l’organisme et qui débordent les ressources du système immunitaire. Dans la plupart des cas, une bonne hygiène permet de limiter ou d’éviter leur contamination. Se laver les mains fréquemment, bien désinfecter les plaies, se protéger et se tenir éloigné des personnes éventuellement infectées sont des précautions de bon sens qui sont efficaces.

Mais ces mesures ne suffisent pas toujours et les approches doivent être plus spécifiques selon la nature de l’agresseur, une bactérie, un virus, ou un parasite. Il est nécessaire d’identifier leur mode d’action pour les éradiquer ou soigner les affections qu’ils provoquent. Tout d’abord quelles sont les différences entre ces germes ?

 

Trois groupes d’agents pathogènes distincts

Didier Raoult explique les groupes d'agents pathogènes
Les groupes d’agents pathogènes

 

À l’IHU Méditerranée Infection de Marseille, dirigée par Didier Raoult, les maladies infectieuses sont le principal sujet d’étude et de recherches.

Les bactéries

Les bactéries sont des êtres vivants unicellulaires aptes à se reproduire en se divisant. Elles sont capables de proliférer très rapidement quand le milieu leur est favorable. Elles peuvent être inoffensives ou même être des partenaires indispensables à la santé. En particulier, celles qui peuplent le système digestif aident à la digestion et à l’assimilation des nutriments.

Mais d’autres sont pathogènes à des degrés divers, par invasion de l’organisme ou par libération de toxines. Elles peuvent provoquer des infections, par exemple respiratoires ou urinaires, ou être responsables d’intoxications alimentaires souvent mortelles, la salmonellose, la listériose, le botulisme. On les trouve aussi à l’origine entre autres de la méningite, de la coqueluche et de nombreuses maladies tropicales : la lèpre, le choléra, la tuberculose dont l’incidence est forte sous les tropiques.

 

Les virus

Les virus ne sont généralement pas considérés comme des êtres vivants par la recherche scientifique, car ils sont des particules inertes tant qu’ils sont hors des cellules. Mais ils les parasitent afin de se répliquer en utilisant leur matériel génétique et cellulaire. Susceptibles de se multiplier rapidement, ils sont à l’origine de maladies souvent très contagieuses. Ils se transmettent par l’air, l’eau ou le sang, ou par contact direct ou sexuel.

Certaines sont anodines, comme le rhume ou la varicelle. Mais d’autres peuvent être plus sérieuses, occasionner des complications ou être mortelles : l’angine, la grippe, la rage, le sida, la dengue, la fièvre jaune, l’Ebola…

 

Les parasites

Ce sont des organismes qui ont besoin d’un hôte pour vivre, de manière permanente ou ponctuelle. Ce sont des protozoaires (unicellulaires), ou des métazoaires (pluricellulaires), parmi lesquels on trouve les vers parasites et les acariens. Ils se transmettent par voie buccale, par piqûre d’insecte (ou morsure), ou en infestant une plaie par leurs œufs.

Les parasitoses sont la cause de nombreuses maladies infectieuses tropicales, comme le paludisme, la leishmaniose et la maladie du sommeil. La maladie de Chagas se rencontre en Amérique du Sud, la toxoplasmose et la gale se trouvent aussi en Europe.

 

Des thérapies différentes selon les cas

Les thérapies à l'IHU Méditerranée Infection
Les thérapies à l’IHU Méditerranée Infection

Du fait de ces différences fondamentales entre ces trois agents pathogènes, les méthodes de prévention et de guérison diffèrent notablement.

Pour soigner les maladies d’origine bactérienne, on dispose heureusement des antibiotiques. Ceux-ci ont permis d’éradiquer totalement la syphilis, et sauvent la vie de nombreux patients chaque jour. Cependant, leur abus a provoqué des mutations et la sélection de souches résistantes à leurs effets. La phagothérapie et la thérapie génique sont des pistes qu’explore actuellement la recherche scientifique pour faire face à ce problème.

Les virus ne sont pas sensibles aux antibiotiques. Quand la maladie est bénigne, on la laisse suivre son cours et on se contente de soulager ses effets, le système immunitaire étant à même de lutter contre l’infection. La vaccination permet de se protéger de la plupart des maladies graves à titre préventif. Pour celles pour lesquelles la recherche scientifique n’a pas encore inventé le vaccin, on combine plusieurs antiviraux qui aident à la tenir sous contrôle autant que possible.

Quant aux parasitoses, de nombreuses approches médicamenteuses peuvent les guérir avec efficacité, et la plupart sont traitées avec succès.

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